All articles by this author

Seize the word

Before a character enters the stage with its luggage of words, the author has to seize these words. The author takes hold of words whenever he wants and gives them to whom he likes. But are we really sure of this? Of the author “giving” words?

Personally, I would rather say that I impose words and revoke them. The character exists only as a linguistic identity and cannot speak for itself. It doesn’t have a voice of its own. It has nothing to say. weiterlesen »

Ergreife das Wort

Bevor eine Person mit ihrem Wortgepäck auf die Bühne tritt, muss der Autor das Wort ergreifen. Der Autor ergreift das Wort, wann er will und  erteilt es wem er will. Aber ist das denn so sicher?

Dass der Autor das Wort „erteilt“. Ich persönlich würde eher sagen, ich zwinge das Wort auf und entziehe es wieder. Die Figur existiert nur als sprachliche Identität und kann nicht alleine sprechen. Sie hat keine eigene Stimme. Sie hat nichts zu sagen. weiterlesen »

La parole, prends-la.

Mais avant qu’un personnage entre en scène avec son barda de mots, il faut bien que l’auteur la prenne, la parole. L’auteur prend la parole quand ça lui chante puis la donne à qui il veut. Mais est-ce si sûr ?

Prendre la parole, c’est l’enjeu primordial et vital de celui qui entre en scène. Prendre la parole veut dire qu’on la vole, oui. Au temps. Pas forcément à quelqu’un. Ce n’est pas à moi de parler, mais je parle quand même. Mais il y a ceux aussi qui n’y parviennent pas weiterlesen »

Pourquoi le théâtre?

Le théâtre est une deuxième chance donnée à l’écriture. La première chance est le livre, la deuxième est le plateau de théâtre. Je pense toujours en ces termes. L’écriture destinée au théâtre a sa part littéraire et sa part physique. Cette dernière peut être absente d’une écriture uniquement destinée au livre, mais jamais d’une écriture pour la scène. Et l’inverse pour moi doit être tout aussi exigible. Cette perspective complexe ne cesse de me remuer, et pour moi l’acte poétique tient dans cette traversée des deux mondes. Je n’ai pas besoin de m’exiler du théâtre pour penser roman, poésie ou cinéma : je me le permets dans cette écriture pensée, façonnée, tout autant  pour les yeux que pour des  corps, pour des espaces et des temps  qui sont assez souvent, d’ailleurs, sur la scène irréconciliables.

L’écriture destinée au théâtre doit se libérer des frontières de « son genre ». Il faut la perturber de tentations diverses, la traîner hors de son territoire, tout est bon roman, poésie, cinéma , art visuel, travail de l’image. La question de l’espace m’a amenée par exemple  à travailler la page ( ou l’écran) comme un espace plastique. Dans certains de mes  textes j’utilise des signes qui ont à voir avec l’image, des pictogrammes qui expulsent, en réalité, le mot, donc, le son qu’il a, et créent un rapport ambigu à la parole, au geste. Et l’ordinateur a ici une importance capitale. J’aimerais un jour arriver à mettre l’écriture en mouvement, comme la camera a mis l’image en mouvement.. L’ordinateur est-il l’outil permettant d’y parvenir : faire vivre et bouger l’écriture, faire voyager une phrase d’un endroit à un autre, la faire sortir du cadre ou la faire se promener, courir sur l’écran, tout à fait, de manière analogique, comme un corps se déplace sur un plateau ?

Nous sommes limités dans nos outils, l’ordinateur est en train de nous en donner de nouveaux. Il faut se servir de ces possibilités pour explorer la page, pour animer le cadre avec des mots qui sont des sons, avec des images qui sont des mots.

La didascalie est ainsi pour moi , auteur scénique, une question récurrente et passionnante. Elle est la part romanesque cachée du théâtre, sa part amputée. C’est l’instrument majeur et pourtant sacrifié de tout ce qui met en place l’image, le mouvement, l’espace dans l’écriture théâtrale. Comment fait-on pour faire bouger les choses si on rejette le principe de cette didascalie ? Je la travaille tout à fait autrement,  soit en parsemant la parole d’informations climatiques, temporelles, géographiques. Tout est contenu dans la parole. Soit je débarrasse la parole de toute indication scénique  et tente de trouver une autre manière de rendre lisibles ces informations. La page blanche est à elle seule une grande didascalie, si on confond la page avec la scène théâtrale future. Et la typographie devient alors l’un des moyens possibles pour signaler le mouvement, l’écart, la fuite.

extract of an interview by Yoann Barbereau

Why theatre?

Theatre offers written work a second chance. Its first chance is a book, the second is a theatre stage. A text written for the stage has both a literary and a physical part. The latter does not necessarily have to exist in a text written exclusively for a book, but it can never be missing in a stage text. However, I believe that the opposite should be true as well. This complex perspective is what moves me unceasingly. To me, the poetic act consists of traversing two worlds. I do not have to abandon theatre when I think of a novel, poetry or cinema: But I allow myself to with texts that are conceived and arranged for the eyes as well as the body, for time and space. It is not always easy to create harmony between these things on stage.

Theatre texts should be able to liberate themselves from the constraints of “their genre.”